Bon, pas d’excuse vraiment valable : je suis très en retard dans mes rapports. Mais je compte bien me rattraper en faisant deux récits effarants de mon week-end avant-dernier et de ma semaine dernière (la plus aventureuse de toutes jusqu’ici). Bon, commençons par le commencement, c’est-à-dire le week-end du 12/13 avril…
Pour faire le rapport de ces deux jours, je vais être obligé de remonter encore un plus loin dans le passé, jusqu’au samedi 5 avril. Alors que j’étais dans ma cuisine, à regarder par la porte-fenêtre, qui donne sur le balcon, je vois de dos sur celui-ci, une jeune femme, qui est en train de téléphoner : « Ah, j’ai de nouveaux voisins pour le week-end ». Cette supposition s’avère cependant fausse. Plus tard dans la journée, je fais, en effet la connaissance de Roy, qui est en fait un homme d’une quarantaine d’année, oups. Roy et moi, sympathisons très vite, chose facilitée par le fait que je parle français, langue si romantique d’après lui. Dans le courant de la semaine suivante, il appelle René pour me dire que je pourrais me joindre à lui pour faire de la randonnée, avec son club de gym, le samedi suivant. Très content de pouvoir remplir mon samedi, j’accepte donc impunément (chouette mot, non ?). Ceci étant dit, je reviens donc au samedi 12 avril. Levée à 6h, Roy à une demi-heure de retard. Je suis fatigué et j’ai froid. On arrive à « Sandy beach », plage connue pour être une plage nudiste, mais aussi point de départ de la randonnée dans les montagnes. On me présente à une douzaine de personnes dont je ne retiens pas un seul prénom. C’est parti ! Le guide, qui est aussi le pitre du groupe, essaie avec son anglais brisé, de m’expliquer où nous sommes, ce que nous allons voir, etc. Après une demi-heure de marche, on fait déjà une pause. C’est alors qu’on ouvre les paquets de chips, cacahuètes, bonbons et autres gourmandises : la marche ne sera peut-être pas si difficile en fin de compteJ. On arrive alors à un passage très amusant de la randonnée : le « rock-hopping ». Comme le nom l’indique, on grimpe, saute, se casse la figure sur les gros rochers jalonnant la mer. Tout ça me rappelle mon enfance, et je sautille aisément de roc en roc. Pour plusieurs autres, et en particulier Roy, c’est le début du cauchemar. Je m’arrête parfois pour prendre des photos de la vue extraordinaire, ou encore pour découvrir les grottes qui se sont creusés par-ci et par-là. Après une heure donc de galère, de discussions très animées et une autre pause, bien méritée, nous arrivons enfin au « wreck », but de la ballade. Il y a en effet, enraciné sur les rochers, une épave, d’un bateau échoué il y a environ 50 ans. C’est à côté de cette épave, qu’on se pose pour une longue pause cette fois-ci, pendant laquelle, on sort même les sandwichs. Après une heure environ c’est reparti. La troupe a décidé de prendre un autre chemin, plus haut dans la montagne, pour échapper à la torture des rochers de l’allée. Elle va rapidement le regretter. On s’engage alors dans une montée très abrupte, sous le soleil tapant qui peu à peu est apparue. C’est alors que le groupe se divise peu à peu : les plus sportifs devant, les…autres à l’arrière. Roy et moi, nous sommes vers le milieu. Lorsqu’on arrive enfin vers la route qui redescend de la montagne, nous nous effondrons. La suite est plus simple. Une grosse route, encastrée dans les montagnes, descend lentement vers la plage. Je discute avec Roy, et tous les deux nous nous émerveillons du paysage. De retour à la plage, une amie de Roy nous a rejoint et on passe deux heures assis sur celle-ci : eux discutent en afrikaans, moi je dors ! L’après-midi, Roy m’invite à manger un burger chez « steers » (THE fast-food en afrique du sud), où il m’expose ses idées sur son pays : point de vus cette fois-ci d’un homme plus âgé, venant des townships de capetown. De retour à la maison (vers 5h de l’aprèm’), le reste de la journée est consacrée au repos. Bilan de ce samedi : des coups de soleil sur la gueule, de nouveaux arguments sur le thème du racisme, des photos chouettes et…un ami !
Le dimanche, comme vous allez le voir fut tout aussi chargé. De 9h à 11h : église. Après le culte, je me vois obligé d’assurer la traduction pour un congolais, qui est dans une situation difficile. En effet, ayant fui la pauvreté dans son propre pays, il est venu en Afrique du Sud avec ses deux sœurs et son frère, sans pour autant parler un seul mot d’anglais. Il doit donc trouver un boulot, ainsi qu’un endroit où habiter avant la fin du mois. A reparler français après 6 semaines d’anglais, me montre à quel point j’ai perdu mes réflexes et mon accent si joliment français. L’après-midi, Keilah et son mari Jimmy m’invitent à aller manger des « fish’n’ships » à « Hout Bay ». C’est un endroit très joli : une baie entourée de montagnes, où les bateaux viennent directement pour déchargés leurs nombreux poissons, qui sont tout frais. Arg, encore une fois, je manque de place, mais il faut absolument que je raconte ma soirée. En rentrant dans mon appart’, je vois que l’appart’ d’à côté est occupé par des gens qui s’acharnent à allumer un feu pour « braaier ». Il s’agit, en fait, d’un oncle de René et de sa famille. Je tappe rapidement la discute. L’oncle a déjà bien bu. Et je me fais inviter à participer au BBQ, invitation que j’accepte avec plaisir.
Bon, je m’arrête là, puisque ça fait vraiment long. Je rajoute simplement, que se servir majoritairement de ses doigts pour manger, comme c’est le cas dans la culture des « coloured people » soigne bien du « sur-hygiénisme » et de la « sur-propreté » européenne !!!



