avril 2008


Bon, pas d’excuse vraiment valable : je suis très en retard dans mes rapports. Mais je compte bien me rattraper en faisant deux récits effarants de mon week-end avant-dernier et de ma semaine dernière (la plus aventureuse de toutes jusqu’ici). Bon, commençons par le commencement, c’est-à-dire le week-end du 12/13 avril…

Pour faire le rapport de ces deux jours, je vais être obligé de remonter encore un plus loin dans le passé, jusqu’au samedi 5 avril. Alors que j’étais dans ma cuisine, à regarder par la porte-fenêtre, qui donne sur le balcon, je vois de dos sur celui-ci, une jeune femme, qui est en train de téléphoner : « Ah, j’ai de nouveaux voisins pour le week-end ». Cette supposition s’avère cependant fausse. Plus tard dans la journée, je fais, en effet la connaissance de Roy, qui est en fait un homme d’une quarantaine d’année, oups. Roy et moi, sympathisons très vite, chose facilitée par le fait que je parle français, langue si romantique d’après lui. Dans le courant de la semaine suivante, il appelle René pour me dire que je pourrais me joindre à lui pour faire de la randonnée, avec son club de gym, le samedi suivant. Très content de pouvoir remplir mon samedi, j’accepte donc impunément (chouette mot, non ?). Ceci étant dit, je reviens donc au samedi 12 avril. Levée à 6h, Roy à une demi-heure de retard. Je suis fatigué et j’ai froid. On arrive à « Sandy beach », plage connue pour être une plage nudiste, mais aussi point de départ de la randonnée dans les montagnes. On me présente à une douzaine de personnes dont je ne retiens pas un seul prénom. C’est parti ! Le guide, qui est aussi le pitre du groupe, essaie avec son anglais brisé, de m’expliquer où nous sommes, ce que nous allons voir, etc. Après une demi-heure de marche, on fait déjà une pause. C’est alors qu’on ouvre les paquets de chips, cacahuètes, bonbons et autres gourmandises : la marche ne sera peut-être pas si difficile en fin de compteJ. On arrive alors à un passage très amusant de la randonnée : le « rock-hopping ». Comme le nom l’indique, on grimpe, saute, se casse la figure sur les gros rochers jalonnant la mer. Tout ça me rappelle mon enfance, et je sautille aisément de roc en roc. Pour plusieurs autres, et en particulier Roy, c’est le début du cauchemar. Je m’arrête parfois pour prendre des photos de la vue extraordinaire, ou encore pour découvrir les grottes qui se sont creusés par-ci et par-là. Après une heure donc de galère, de discussions très animées et une autre pause, bien méritée, nous arrivons enfin au « wreck », but de la ballade. Il y a en effet, enraciné sur les rochers, une épave, d’un bateau échoué il y a environ 50 ans. C’est à côté de cette épave, qu’on se pose pour une longue pause cette fois-ci, pendant laquelle, on sort même les sandwichs. Après une heure environ c’est reparti. La troupe a décidé de prendre un autre chemin, plus haut dans la montagne, pour échapper à la torture des rochers de l’allée. Elle va rapidement le regretter. On s’engage alors dans une montée très abrupte, sous le soleil tapant qui peu à peu est apparue. C’est alors que le groupe se divise peu à peu : les plus sportifs devant, les…autres à l’arrière. Roy et moi, nous sommes vers le milieu. Lorsqu’on arrive enfin vers la route qui redescend de la montagne, nous nous effondrons. La suite est plus simple. Une grosse route, encastrée dans les montagnes, descend lentement vers la plage. Je discute avec Roy, et tous les deux nous nous émerveillons du paysage. De retour à la plage, une amie de Roy nous a rejoint et on passe deux heures assis sur celle-ci : eux discutent en afrikaans, moi je dors ! L’après-midi, Roy m’invite à manger un burger chez « steers » (THE fast-food en afrique du sud), où il m’expose ses idées sur son pays : point de vus cette fois-ci d’un homme plus âgé, venant des townships de capetown. De retour à la maison (vers 5h de l’aprèm’), le reste de la journée est consacrée au repos. Bilan de ce samedi : des coups de soleil sur la gueule, de nouveaux arguments sur le thème du racisme, des photos chouettes et…un ami !

Le dimanche, comme vous allez le voir fut tout aussi chargé. De 9h à 11h : église. Après le culte, je me vois obligé d’assurer la traduction pour un congolais, qui est dans une situation difficile. En effet, ayant fui la pauvreté dans son propre pays, il est venu en Afrique du Sud avec ses deux sœurs et son frère, sans pour autant parler un seul mot d’anglais. Il doit donc trouver un boulot, ainsi qu’un endroit où habiter avant la fin du mois. A reparler français après 6 semaines d’anglais, me montre à quel point j’ai perdu mes réflexes et mon accent si joliment français. L’après-midi, Keilah et son mari Jimmy m’invitent à aller manger des « fish’n’ships » à « Hout Bay ». C’est un endroit très joli : une baie entourée de montagnes, où les bateaux viennent directement pour déchargés leurs nombreux poissons, qui sont tout frais. Arg, encore une fois, je manque de place, mais il faut absolument que je raconte ma soirée. En rentrant dans mon appart’, je vois que l’appart’ d’à côté est occupé par des gens qui s’acharnent à allumer un feu pour « braaier ». Il s’agit, en fait, d’un oncle de René et de sa famille. Je tappe rapidement la discute. L’oncle a déjà bien bu. Et je me fais inviter à participer au BBQ, invitation que j’accepte avec plaisir.

Bon, je m’arrête là, puisque ça fait vraiment long. Je rajoute simplement, que se servir majoritairement de ses doigts pour manger, comme c’est le cas dans la culture des « coloured people » soigne bien du « sur-hygiénisme » et de la « sur-propreté » européenne !!!

Pour une fois, mon récit de la semaine ne commence pas par le lundi matin, mais le dimanche soir. J’ai passé une semaine à survivre plutôt que vivre. Moi, qui était à la recherche de l’aventure en Afrique du sud. Alors que je commençais à m’habituer me petite vie, prendre mes petites habitudes…en gros, que je commençais à me sentir à l’aise dans mon quotidien, j’ai été secoué méchamment. Donc, après ma tentation, un peu lamentable je dois bien l’avouer, de garder le suspens, je vais donc reprendre du début. Tout a commencé, lorsque j’ai été réveillé pendant la nuit du dimanche au lundi par une douleur affreuse au bas du dos…

Pour rapidement décrire la douleur, c’était un peu comme une crampe, qui peu à peu s’étendait sur mon ventre légèrement bouffi par la bonne nourriture sud-africaineJ. Première pensée : « merde ! ». Deuxième pensée : « qu’est-ce que ça peut-être ? », suivi de la troisième : « c’est sûr, j’ai l’appendicite… ». En y repensant, cette dernière réflexion me fait pas mal rire, mais sur le coup, je n’étais pas vraiment d’humeur joyeuse. Resté éveillé pendant 4h à cause d’une douleur angoissante, en sachant qu’on est ne peut que la subir, tout en courant parfois aux toilettes pour déposer une gerbe, ce n’est pas vraiment drôle. Après une brève nuit, je débarque donc au centre à 8h du mat’ : Paula y est déjà. « Hey Jan, how’s it ? I’m all right thanks (les reflexes)…euh no, actually, I’m not well, I’m pretty sick… ». Elle m’emmène donc chez un médecin très afrikaans, qui me pose des questions quasi-incompréhensibles. Après m’avoir donc interrogé, vérifié le pouls, regardé dans mes oreilles (qu’est-ce que la cire humaine à avoir avec mon appendicite ?!) et une analyse d’urine, avec la découverte de traces de sang, le médecin m’explique que j’ai une infection. Quoi comme infection ? Ca, j’en ai aucune idée. Yannick me dit que, vu les symptômes, une infection de la vessie semble forte probable. On me refile donc des antibiotiques et des anti-douleurs pour la modeste somme de R331.31, avec en surplus une double injection dans la fesse droite, qui me donne une démarche de pingouin pour tout le reste de l’après-midi. Arrivée au centre donc à 12h20, crevé comme un pneu (désolé, je n’ai pas trouvé mieux). Ne pouvant pas m’asseoir, je reste debout à regarder les enfants jouer à des jeux vidéos. Le monde est cruel. Au lieu de la pitié des enfants, je reçois des moqueries par rapport à ma piqûre dans la fesse : l’âge bête, que voulez-vousJ. Au moins je n’ai plus la douleur de la nuit précédente et le soir je m’endors comme un bébé. A 3h du mat’ je me réveille à nouveaux, gobe une pilule anti-douleur et me recouche pour me lever vers 8h.

Mardi, j’ai un peu mal pendant la journée et je reste éveillé la nuit pendant 1h seulement, à cause de la douleur.

Mercredi, on va voir une pièce de théâtre s’intitulant « Aladin » avec les plus jeunes, je vous laisse deviner l’histoire de la pièce. Un énorme car viens nous chercher et nous amène dans un grand centre commercial, le « canal walk » à Capetown. Le bus a seulement 1h30 de retard, et Jolande est stressée et énervée : on appelle ça « the african time » ici, comme elle me l’explique. Une fois arrivés, on court donc jusqu’à l’endroit de la pièce, qui se dévoile comme étant une comédie musicale en anglais. Sur les sièges sont disposés des petites boîtes avec des burgers et des frites pour les enfants du centre. Je passe la majorité du temps à essayer de persuader les enfants, que la pièce est en fait intéressante, mais eux n’ont pas l’air convaincus. Une fois la pièce terminée, nous repartons par où on est venu. Ce que je n’avais pas vraiment remarqué à l’allée, ce sont les regards des passants. Je comprends en effet qu’une bande d’enfants pieds-nus, habillés par des habits pour la plupart sales et troués, ça attire les regards. Cependant, les expressions sur les visages diffèrent d’une personne à l’autre : on peut y voir, de la pitié, de la reconnaissance, ou encore de l’indifférence, voire du dégoût. Les enfants eux chahutent, courent, sans se préoccuper du regard de qui que ce soit. Le retour est difficile, puisque la douleur sur le côté devient insupportable. De retour au centre, je cours à la maison pour prendre un « pain-killer », sans succès. Je reste donc allongé sur mon lit en me demandant ce que je fais ici : ma maman me manque ! Peu à peu la douleur se calme. Je suis exténué. Il faut que je dorme. Je ne peux pas, j’ai trop de choses en tête. Qu’est-ce que je fous ici ? Qu’est-ce que je fous ici ?… Je m’endors à minuit, avec un réveil brutal à 3h par une autre douleur. Finalement la nuit dure entre 4 et 5h.

Jeudi. Je vais au centre à 12h30. Sortie « patins à glace » avec les plus grands, parfois je me demande si Jolande en fait exprès. En fin de compte tout se passe bien, cet sortie me fait même du bien. Comme pour les plus petits, on va manger quelque chose, après l’effort. Jolande opte pour KFC (fast-food spécialisé dans le poulet). Ayant sympathisé avec l’autre dame qui est venue pour aider, elle me paie un menu, haha. Quand on est pauvre, il faut compenser en étant ouvert et sympathique.

La nuit du jeudi au vendredi, je dors…douze heures ! De mieux en mieux, le centre reçoit en ce jour une livraison de nourriture, un don d’un grand magasin du coin. Ayant trop reçu, j’ai le droit d’emporter du pain, des champignons, un gâteau et de la salade.
La semaine qui avait donc si difficilement commencée, finit par être une réussite totale, puisque je n’ai plus eu de douleur depuis Jeudi. Seul inconvénient : les anti-biotiques me refilent des gaz. Autre point positif, j’ai encore réussi à charger mon week-end. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !

Ce matin, alors que je faisais mes courses à Pick’n’Pay, mes oreilles ont été attirées par une musique qui me paraissait familière. J’ai tout de suite reconnu la symphonie inachevée de…Schubert ! Sans pour autant me prendre la grosse tête, je pense pouvoir affirmer, que j’ai tout de même un chouette nom de famille. Bon, maintenant que j’ai pu faire mon malin, je vais commencer, sans transition aucune mon résumé du week-end.

Donc, tout commence par le vendredi soir, où j’ai été invité à manger. Pour la petite histoire : à la « sortie cirque » la semaine dernière, j’avais fait la rencontre de Quarnita (j’espère que c’est bien ça son nom), l’avocate/journaliste. Et puisque j’avais pris plusieurs photos, elle m’a demandé si elle pouvait m’inviter à manger, pour qu’ensuite je lui mette les photos sur son PC. Quelle drôle de question que de demander à un jeune homme qui vit tout seul, s’il ne désire pas manger de la bonne cuisine pour une fois. En fait, on a mangé des pizzas commandées. En arrivant à sa maison, j’ai pu faire la rencontre de son mari, qui a 12ans de plus qu’elle et de ses 4 enfants de 16, 15, 12 et 1 an. La maison est gigantesque, le garage contient 1 voiture « normale », un gros 4×4 et une voiture de sport, la fierté du mari. On passe un très bon moment à table, où je démonte peu à peu tous les préjugés sur les français qui ne prennent aussi de la drogue, qui n’ont pas comme sport national le skate…sans pour autant nier le fait que les françaises sont jolies ;-) Après le repas, je transfère rapidement mes photos sur un des ordinateurs de la maison et je reviens à table, pour suivre une discussion très occidentale entre une adolescente et son père « vieux-jeu ». Pour son anniversaire, l’aînée veut en effet avoir un scooter, engin de mort pour le père : les arguments fusent et je me demande pourquoi je suis venu en Afrique du sud, alors que l’on peut suivre les mêmes débats en France. Après le dessert (glace au caramel !), on passe au salon. Sur un grand écran plasma, acheté le jour précédent, on s’adonne à une partie de wii. La différence d’avec notre petite télévision à la maison est quand même marquante. La soirée se termine par un film « prout prout », qui passe sur une des nombreuses chaînes télévisées. Grâce à quelques photos, j’ai donc pu profiter d’une bonne soirée, avec un repas plus que correct (et une pizza que j’ai le droit de ramener à la maison), le tout accompagné d’une autorisation à revenir, si je me sens seul pendant le week-end : si ça c’est pas chouette !

Venons-en au Samedi soir directement, où je suis invité par Marco, à une soirée qui a l’air plutôt funky. Je connais Marco, un jeune homme de 26 ans, grâce à Paula du centre, puiqu’ils sont de la même église à Table View : « Joshua Generation ». Pour cette soirée, organisée par quelques amis de Marco, il faut s’habiller classe. Marco me prête un pantalon et une chemise noire et c’est parti. Tout commence par un repas copieux, préparé par un chef allemand. C’est en parlant avec lui, que j’ai remarqué, comment il est facile de perdre une langue, si on ne la pratique que peu. Après le dîner, pendant lequel je fais notamment la rencontre d’une fille de Namibie, qui me raconte comment ce pays est peuplé d’allemand (mais ils sont partout !), on change de salle : en place pour la piste de danse. Au début très timide, je reste sur le côté à regarder la trentaine de personnes qui s’amusent en couple, ou touts seuls à se déhancher sur la musique. Puis je me fais entraîner par Marco et quelques uns de ses potes. Je suis devant un dilemme : soit je surmonte ma timidité et je me laisse entraîner, ou je passe une soirée ennuyeuse. J’opte pour la première solution. Vraiment inoubliable ! J’ai souvent du penser à Gad Elmaleh : du mec qui imite tous les instruments, au gar’ qui a décidé de ne danser que du rock, en passant par celui qui, tout timide, a décidé de s’éclater quand même (oui…bon), tout y est. En rentrant, Marco me partage quand même sa déception vis-à-vis de la musique, pas assez funky à son goût. Arrivé à mon appart’, j’arrive pas à dormir et décide de regarder « les incorruptibles », très bon casting. Demain, je ferais la grasse mat’.

Dimanche, après avoir passé la journée à lire, me promener, manger et tout ce qu’on peut faire pour tuer le temps, Marco passe me prendre à 4h45 pour aller à une réunion à l’église. Il s’agit d’un « gathering », où les 5 églises sœurs appartenant à « Joshua Generation », se rassemblent en un seul lieu. Environ 800 personnes sont donc assemblées. La louange est très joyeuse mais aussi très bruyante. Julian Adams est venu spécialement pour ce meeting, puisque c’est une de ses amies qui prêche. J’ai donc l’occasion de le revoir une nouvelle fois. Il a oublié de m’amener le portable qu’il m’avait promis, mais il sera peut-être dans les parages mercredi (c’est-à-dire, aujourd’hui).

Encore une fois un week-end j’ai eu la chance d’avoir un week-end assez chargé, bien que plus calme. Ce qui m’arrive le dimanche soir, je le réserve pour le prochain rapport, puisque je manque encore une fois de place. Je m’excuse aussi de ne pas mettre de photos en ligne, dû simplement au fait que je n’en ai pas prises. Ah oui, au cas où ça intéresse quelqu’un, concernant « les misérables », ça n’avance pas beaucoup : faut que je m’accroche si je veux le finir.

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