mars 2008


Julian et Jono

 

Cinq jours, cinq jours tout simplement merveilleux. Depuis mon arrivée, je suis en contact avec Julian Adams, un jeune homme de 30ans, que j’avais rencontré en Angleterre dans une église. Il m’a proposé de passer le week-end de Pâques avec lui, sachant à quel point c’est difficile d’être seul dans un pays étranger. Tout commence donc, un vendredi matin à 10h30, lorsqu’un homme de taille moyenne, avec un look vraiment funky (c’est le cas de le dire) frappe à ma porte-fenêtre…

Après environ une heure de route, nous nous trouvons à Muizemberg, au Sud de Capetown. L’endroit préféré des surfeurs, ainsi que, et cela peut parfois causer des dégâts, des requins. Une fois arrivé, nous nous posons dans une sorte de café, pour prendre le petit-déjeuner : des croissants à la confiture et au fromage. Je dois avouer que les croissants ici, ne sont pas mauvais. En fait, comme vous le verrez par la suite, Julian a deux activités préférées : manger et téléphoner. Revenons-en au café, le décor est plutôt joli avec des tableaux accrochés sur le mur, représentant des jazzmen. J’essaie de discuter avec Julian, mais je passe plus de temps à essayer de comprendre ce qu’il dit à travers le brouhaha général. Ensuite, direction : sa maison, ou plutôt la maison d’un jeune couple, qu’il squatte en attendant de repartir vers l’Angleterre, pour un…braai. On est une dizaine à se jeter sur l’apéritif comprenant une variété impressionante de chips, fromages, cacahuètes, hors-d’oeuvre, etc. En attendant que la viande soit cuite, on parle politique, religion, ou autre sujet, tout en fumant un narguilé. On finit de « braaier » vers 5h. Il faut savoir que le braai est un moment très convivial, ou les gens se jettent sur la viande une fois prête, ayant attendus une éternité avant qu’elle soit cuite. Le soir, nous le passons, dans un bar, accolé à la mer, de sorte à ce que nous voyons les vagues se briser sur les rochers. Un groupe joue vers 22h des reprises genre Oasis, Santana, Wilson Pickett. Julian et sa bande d’amis (une vingtaine d’étudiants) mettent le feu en dansant et braillant les chansons. Moi, je fais entre autre la rencontre d’un américain de 18ans, qui passe 3ans en Afrique du Sud pour étudier, ou encore d’un gar’ d’environ 30ans, qui était batteur dans un groupe d’Afrique du Sud connu à une époque…

Samedi. J’ai dormi chez un certain Dave, qui, avec son colloc’, vit dans l’ancien appart’ de Julian. Celui-ci vient me chercher vers 9h pour aller manger une omelette dans un petit café, où il est déjà bien connu. Rejoins par Dave et son frère Jono, on décide d’aller se promener dans un port, ancré dans une petite baie, où nous mangeons des fish’n’ships, spécialité, en quelque sorte d’Afrique du Sud. Comme en Angleterre, il s’agit en fait de poisson pané avec des sortes de grosses frites : vraiment pas mauvais ! Ensuite, direction « Waterfront ». Il s’agit d’une des plus grandes attraction touristiques de Capetown : un énorme centre commercial, avec des prix exorbitants, le vieux port très coloré, où l’on peut écouter des musiciens (jazzmen, musique traditionnelles, variété), ou encore voir des hommes noirs, peints avec de la peinture blanche, qui exécutent des danses plutôt funky. De retour à Muizemberg, on décidé d’aller à un pot de départ, d’un ami de Julian, qui va faire de l’humanitaire au Gabon. Je rencontre un congolais, et peux enfin parler un peu de français, après 3 semaines d’anglais et d’afrikaans.

Venons-en au dimanche, direction la « bay community church » à Capetown. Il s’agit d’une église d’environ 500 personnes. Le moment de la louange (c’est-à-dire la première partie du culte, où l’on chante les chants) est phénoménal. Dans l’ensemble, ce n’est pas tellement différent de ce dont j’ai l’habitude, mais à la fin, il y a comme une explosion de joie dans l’église. Alors que la guitariste part dans un solo plutôt virtuose sur son ibanez à 7 cordes, une trentaine de personnes courent autour de la salle en dansant, alors que les jeunes ont décidés de faire du stage-diving (on monte sur l’estrade, on saute et on se fait rattraper par, ceux qui veulent bien vous rattraper). Le pasteur, lorsqu’il prend le micro est en sueur, ayant lui aussi pris part à cette dernière activité. Sa prédication sur…la résurrection du Jésus (étonnant pour un week-end de Pâques, non ?) est plutôt amusante. Après l’église, où j’ai du expliquer à une vingtaine de personnes ce que je foutais en Afrique du Sud, on va manger avec Julian, sa sœur et une amie dans un resto français. En fait, j’avoue avoir mangé un burger avec des frites, mais quel burger : ma vie ne sera plus jamais la même après ce burger…à l’avocat. L’aprèm’ et le soir, on le passe dans une énorme propriété, genre ancienne maison coloniale, avec court de tennis et piscine et…BBQ !

Lundi matin, je squatte la connection wi-fi du voisin de Dave. Le lundi semble être la journée officielle du golf, bien que n’en ayant pas fait, j’ai l’impression que plus de la moitié de ceux à qui j’ai parlé ce jour là, se sont adonnés à cette activité ce lundi 24 Mars. En fait, Julian lui a décidé de faire un repas pour ces amis, dans la fameuse maison coloniale. Du coup : course, cuisine, préparation de la table et tennis. En entrée donc, pain toasté avec une salade aux tomates ; en plat principal, de l’agneau avec des légumes et des patates ; et en dessert, une mousse au chocolat avec des fruits rouges, le tout arrosé de vin. Très, très bonne soirée donc, qui se termine par une anecdote plutôt amusante. Une des filles a laissé sa clé de voiture à l’intérieure de sa voiture, on passe donc une ¾ d’heure à essayer de braquer cette fichu voiture, tout en nous disant qu’ils doivent être une centaine en ce moment à Capetown, à s’essayer à la même chose. Une fois de retour à l’appart’, je discute pendant environ 3h avec Marianne sur msn, avant de tomber dans mon lit.

Mardi, retour à Melkbosstrand : plutôt difficile après un tel week-end. Dans 30min, je vais travailler. Je me demande ce que me réserve cette semaine. Mais je suis très positif, après mon chouette week-end !

Et bien, flippin’eck…j’aurais mieux fait d’écrire un article intermédiaire. Quelle idée idiote, que de vouloir résumer 4 jours de découvertes quasi-permanentes. Du coup, j’ai décidé de raconter tout ce que j’ai, mais certaines choses plus en détail que d’autres.

Tout commence donc, et cela est bien étrange, le lundi ! Pas facile de se réveiller avec un esprit positif, tout seul dans son petit appart’, après avoir passé un week-end de rêve. Même le fait de n’avoir que les petits au centre, ne me remonte pas le moral : si c’est pour écouter les enfants parler Afrikaans, à quoi cela sert-il que je me déplace ? Mais l’après-midi s’annonce bien mieux que prévu. Après avoir mangé et fait leurs devoirs, on m’annonce qu’en ce moment il y a trois journées spéciales « découvertes » à la bibliothèque de Melkbosstrand. Du coup, avec deux voitures, nous amenons les enfants à la bibliothèque. C’est Jolande, qui fait le chauffeur de ma voiture. Moi, j’ai un enfant assis sur les genoux, et cinq autres sont coincés à l’arrière de la petite voiture blanche. En fait, tous les garçons sont dans notre voiture, alors que les deux filles ont tout l’espace nécessaire dans l’autre voiture, conduite par une volontaire du centre. Je suis presque déçu par la bibliothèque. Bien que je ne m’attendais pas à une hutte avec un toit de paille et quelques vieux livres, que personne ne lit plus, je ne pensais pas trouver une bibliothèque, tout a fait comparable à une bibliothèque bien de chez nous. La différence principale étant, qu’il y a un rayon de livres en anglais et un en afrikaans. Les enfants pourtant ne semblent pourtant pas savoir se comporter dans un tel endroit. Le problème c’est qu’ils sont habitués à courir dans tous les sens, parler, que dis-je hurler pour se faire entendre…des choses qui ne se font normalement pas dans une bibliothèque, même en Afrique J. M’enfin, ils se calment tout de même lorsque la dame, qui fait la présentation leur lit une histoire : chose que les enfants adorent, qu’ils aient 6 ou 10 ans. Ils deviennent alors très attentifs : Prince donne à tout va ses commentaires, Iviricia s’est blottie contre moi, Carlo et Buhle sont allongés par terre et le petit Rubin se cure le nez tout en suivant attentivement l’histoire. Ensuite, c’est atelier coloriage, autre activité très appréciée chez les enfants. Puis, après reçu un tatouage qu’on peut se coller sur la peau, qui dit « lees » (« lire » en afrikaans), un pin, un marque-page et un crayon, on reviens au centre. Les garçons semblent décidés de se coller le tatouage sur le bide. Le soir est plutôt dur, j’écoute du François Pérusse, encore une fois, merci Frantz.

Le mardi s’annonce très dur : ce sont les plus grands qui seront majoritairement là. Encore une fois, ils décident de ne pas me parler. Le soir je suis un peu chez Jolande et le reste du temps je me demande pourquoi j’ai atterri ici.

Enfin, j’ai un vrai défi. Jolande ne sera pas là le mercredi. A moi et à Uness (une autre employé du centre) de gérer la situation. En fait, ça se passe plutôt bien. Jolande nous a dit en détail ce que les enfants avaient à faire : d’abord les devoirs, puis les « extraworks » et enfin, à moi de décider de la suite. Tout s’est à peu près bien passé. Surtout que les enfants ont opté pour un film. N’empêche que pendant tout le moment du repas les enfants ont dit que j’étais une fille à cause de mes cheveux longs et ma boucle d’oreille, et puis c’est même pas vrai. Se faire respecter deviens de plus en plus dur. A mon arrivée au centre, on m’avait dit que, de par le fait que ce sont les hommes qui font la loi dans les bush, ils allaient me respecter, plus que les femme. Je commence à penser que cela est un mythe, ou pensent-ils vraiment que je suis une fille ? Une dernière chose que j’ai apprise ce jour là, c’est le fameux « eumjan », qui en fait est un « Om Jan ». Je me suis alors rappelé, que l’on (c’est-à-dire les enfants Schubert !) avait un oncle néerlandais, qu’on avait pris pour habitude d’appeler « Om Jab ». Vous pouvez alors vous imaginer le sens de cette appellation. Et oui, les enfants m’appellent « tonton Jan » : trop funky !

Venons-en au principal évènement de la semaine, c’est-à-dire le…JEUDI de Pâques. Et oui, Vendredi le centre est fermé, du coup la châsse aux œufs se fait le jeudi. Comment ça se passe ? Toute une équipe de volontaires de, je-ne-sais-quelle-organisation, se pointe au centre. Pendant qu’eux essaient d’occuper les enfants à faire des sortes « d’épervier sortez ! » dans le jardin, je suis censé cacher les œufs…dans le jardin ! Alors, si ça ce n’est pas un exploit. J’ai pourtant trouvé certaines bonnes cachettes, que je n’ai pas pu, moi-même retrouver. Ce qui est amusant en Afrique du sud, c’est qu’il ne semble y avoir qu’une sorte d’œufs en chocolat : comme si une marque avait tout le monopole. Et franchement, ils ont un goût plutôt étrange, avec du marshmallow et du caramel dedans. Toutefois, une fois le signal lancé, on n’a plus affaire à de gentils enfants, mais à des vrais barbares. La pitié pour les plus jeunes ou le petit Jandré, qui s’est tordu la cheville disparaît, pour donner place à un instinct animal. Dur aussi que de faire attention aux garçons les plus âgés, qui ont la fâcheuse tendance à raquetter les œufs des plus petits, ainsi qu, et surtout des filles : la loi du plus fort est reine dans la jungle !

L’après-midi, je profite de la présence de Morné pour prendre mes premiers cours de surf. Plutôt difficile, mais je garde ce sport pour une autre fois.

Voilà une mini-semaine, plutôt chargée. Le week-end s’annonce intéressant. Le problème est que je ne sais pas encore, quand je pourrais poster cet article. Peut-être ne sera-ce que, avec le résumé du week-end. Je vais donc me coucher avec en tête « Beautiful boyz’» de Cocorosie.

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Les français ? Les français…croient qu’en Afrique du sud, c’est encore la savane avec des lions et des girafes. Ils ne savent pas faire de BBQ, ou seulement pour y faire des steaks hachés, et se nourrissent majoritairement de cuisses de grenouille et de fromage. De toute façon leur vin est trop cher pour ce que c’est. Rien de mieux qu’un week-end entouré de sud-africains, ou encore d’africains du sud, pour bien apprendre à connaître les français, mieux qu’eux-mêmes ne se connaissent. M’enfin, il n’y a rien de mieux, non plus, qu’un bon week-end camping pour bien apprendre à connaître les sud-africains. Je précise tout de même qu’il s’agit seulement d’une classe sociale, majoritairement blanche et aisée. Ce que je vais relater maintenant, est en effet le summum, l’apogée, pour le moment, de mon séjour dans ce pays sudiste. Je dois très rapidement, bien que ça casse le rythme de la narration, ajouter, que c’est grâce à Paula (du centre), que j’ai pu participer à ce week-end, organisé par certaines personnes de son église.

Tout commence par l’entrée triomphale d’un gros 4×4 blanc chargé à bloc, sur l’aire de camping, un vendredi après-midi. Paula n’ayant pas pu m’emmener, un autre vieux couple s’en est chargé. Une fois arrivé sur le lieu choisi, on sort de la voiture, frappé par la chaleur qu’on ne ressentait pas avec l’ « air con » de la Toyota. Un ciel bleu sans nuage, un lac dont l’eau est tiède et de grandes montagnes pour entourer le lieu, comme pour le protéger…des cocotiers et une petite musique hawaïenne, avec des filles en bikini sur la plage…d’accord je m’emporte un peu. Tout de même, un endroit magnifique. Ce qui frappe, ce sont les gros BBQ, qui jonchent tous les emplacements marqués à la craie blanche. A notre arrivée, le camping est quasi-vide. Peu à peu, on voit débarquer 4×4, dont certains avec des remorques transportant des bateaux, zodiacs ou autres engins destinés à flotter sur l’eau. En plus de Paula, de son mari et de son fils, on est une douzaine d’autres individus, qui essayons de nous caser, tant bien que mal, sur les deux sites, qui nous sont réservés.

Le week-end est partagé entre 4 activités principales : manger, faire du ski nautique, se balader et se reposer. Tout d’abord le plus important : les repas. Tout se joue autour de ces demi-tonneaux, équipés de pieds, servant de BBQ. Est enfin venu le moment où je peux parler de l’activité, que les sud-africains aiment à qualifier par le verbe « to braai », ou pour donner l’appellation française, le « barbe-cul ». Ici, on est persuadé, comme en Angleterre d’ailleurs, qu’on a inventé le BBQ : bénédiction toute particulière à l’Afrique du Sud. C’est amusant comment cette activité peut faire sortir tout le côté macho que les hommes aiment tant cacher pour plaire aux femmes. Ainsi pendant que l’homme avec son verre de vin à la main et son gros ventre tout bronzé prépare le feu, la femme elle, oh grande joie, n’a pas à faire la cuisine…elle prépare seulement la salade et le pain et les couverts, etc. Ce sera tout pour cette note ironique ; et revenons-en aux faits. Tout d’abord, l’allumage du BBQ…au gaz (bravo pour le côté rustique) ! En attendant que les bûches de bois se consument, on papote et on boit du vin. Enfin le grand moment est arrivé. Dans la grille, que chaque sud-africain qui se respecte trimballe dans sa 4×4, on coince le poulet, les steaks et la « Worst ». Il s’agit en effet, d’une très longue saucisse assez fine, aux herbes, et donc avec un goût assez prononcé. On peut aussi l’acheter séchée au soleil, très pratique pour grignoter entre les repas. N’ayant rien mangé le vendredi midi, je me jette sur la nourriture. Je dois avouer que c’est vraiment très bon, même si je dois pour cela, donner raison à la fierté sud-africaine. Mais le BBQ ne se limite pas seulement à la simple viande que l’on fait cuire. Autre spécialité : « le potkjie », réservée elle au samedi soir. Il s’agit en fait d’une sorte de pot-au-feu cuit dans une mini marmite très lourde, que l’on entoure de braises. Sont très important tout de même, les épices. En effet, les « épices BBQ » ont un rayon spécial à « Pick’n’pay », ce qui montre donc leur importance dans la vie des gens d’ici. A deux reprises (c’est-à-dire le samedi et le dimanche), on a droit, le matin, à une omelette aux oignons et au bacon cuit sur le feu, tout simplement délicieux, juste après une virée en ski nautique très matinale.

Ceci m’amène droit à la deuxième activité importante, le si nautique. Jamais de ma vie, je n’aurais pensé en faire, mais ça y est, j’ai passé un nouveau cap dans ma vie d’homme. Je pourrais vous mentir en disant que le ski nautique est une chose très difficile, pour ensuite vous bluffer et dire que j’ai réussi du 2e coup. En fait, ce n’est pas difficile, mais plutôt physique : on le sent surtout dans les épaules et le dos. On peut quand même bien s’imaginer l’effet que ça doit faire de se promener sur l’eau (ça vous rappelle quelqu’un ?).

Bon les deux dernières activités, sont des activités assez courantes en France, donc pas besoin de devoir préciser celles-ci. Changent seulement les paysages que l’on peut voir en se promenant, et les coups de soleils monstrueux, qu’il est plus difficilement d’attraper dans ma chère Bretagne non natale. Aussi, les deux nuits furent assez aventureuses avec un matelas bien décidés à se dégonfler et des bébés prêt à hurler jusqu’à en mourir à 3h du mat’. Pas besoin donc de préciser, que le dimanche soir, je n’ai pu, par simple fatigue, faire le résumé de mon week-end bien chargé.

Encore une fois, je pourrais ajouter beaucoup de choses à mon article, qui alors risquerait d’être trop long. De plus, il est 22h56, et « the police », ça commence à bien faire. Je tenais juste à rajouter, et ceci pour bien vous dégoûter de rester en France, que le tout (ski, bouffe, camping), m’a coûté, en tout et pour tout…10€ (ainsi que de nombreux coups de soleils).

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